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L’assistanat, en 1981
Il m’arrive d’aller assez souvent aux États-Unis. En 1977, j’y ai visité quatorze villes, surtout des grands centres industriels. Invité des syndicats américains, je rencontrais des ouvriers, des enseignants, des étudiants. Mes hôtes avaient pour règle de me montrer les quartiers les plus pauvres, les taudis, ainsi que les quartiers résidentiels – cela afin que je voie “les contrastes de la vie américaine. Cependant si les beaux quartiers sont effectivement impressionnants, les taudis ne me firent aucun effet. Cela non seulement parce que du point de vue soviétique c’étaient des habitats tout à fait normaux, moyens, mais il ne serait pas honnête de transposer les normes soviétiques aux États-Unis, car tout est relatif. Il s’agit d’une mentalité spécifique à ces districts. Ayant moi-même passé mon enfance dans les taudis, je sais très bien ce qu’est la pauvreté “digne” – tout sauf des haillons pittoresques appelant la compassions. Ce sont des habits soigneusement rapiécés, un sourire forcé et des efforts désespérés pour “avoir l’air comme tout le monde”. Il arrive que douze familles soient obligées de cohabiter dans un baraquement, séparées par des cloisons de contreplaqué. Mais il y a des fleurs, de la peinture fraîche. Aux États-Unis, le moindre détail indique que les habitants [de ces taudis] ne veulent pas améliorer la qualité de la vie. Il n’est pas coûteux de réparer une entrée, de mettre un contreplaqué à la place d’une vitre cassée, il ne coûte rien de nettoyer la saleté. Je sentais dans tout ce que je voyais une sorte de défi conscient. C’était la politique du pire. La société est responsable de tout, c’est à elle de tout prendre en charge. Vous pouvez, si vous le voulez, me juger cruel, inhumain, mais je n’ai pas ressenti la moindre pitié, la moindre compassion pour ces gens, pour cette société. Même lorsque nous passions des années dans nos cellules, nous nous efforcions d’avoir un parquet propre, de nous procurer un torchon, de découper un calendrier dans un journal pour l’accrocher au mur. Chacun réussissait à garder une tenue correcte. Même si on se retrouvait pour deux jours seulement dans une cellule en désordre, on s’efforçait de la rendre habitable. Rien d’étonnant : c’était à nous d’y vivre ! Quant aux habitants de ces taudis, ils restaient là à attendre que la société, prise de remords, leur apporte tout sur un plat.
Une bonne moitié au moins des problèmes économiques occidentaux est engendrée par cette attitude parasitaire ! On m’a raconté que le gouvernement italien, afin de liquider l’arriération économique et la pauvreté dans le sud [du pays], a lancé un programme de financement pour y créer des entreprises industrielles. Des sommes astronomiques ont été investies, des entreprises créées, mais la population ne voulait pas y travailler. C’est tout juste s’il ne fallut pas importer la main-d’œuvre du nord.
Le nord-est de l’Angleterre, district minier par excellence, est la région où le chômage et la misère sont les plus élevés. La raison en est simple : les réserves de charbon s’épuisent, les mines se ferment, le niveau d’emploi y a chuté d’une manière catastrophique. Le gouvernement fait de son mieux pour créer des cours de recyclage, des avantages matériels sont offerts à ceux qui s’y inscrivent. Tout est fait pour canaliser la main-d’œuvre dans d’autres branches, l’inciter à aller s’installer dans d’autres régions. Efforts stériles. Les chômeurs passent des années à boire de la bière dans les pubs en répétant sur tous les airs : – Pourquoi, diable, dois-je changer de métier ? Mon grand-père, mon père ont été mineurs, je resterai dans la mine !
Cette immobilisme, cette passivité, cette certitude de recevoir une aide venue de l’extérieur nous étonnent énormément [nous autres soviétiques] car, dès notre enfance, on nous a inculqué en URSS que la société ne nous doit rien, qu’au contraire nous lui sommes redevables de tout. Prenons par exemple le fameux problème du chômage. Si l’on appliquait en URSS les critères occidentaux, on recenserait autant de chômeurs qu’en Occident, sinon plus. Pour commencer, l’État soviétique refuse a priori l’existence même de la notion de chômage. Il n’existe aucune agence pour l’emploi où l’on puisse s’inscrire. Il ne viendrait à personne l’idée de verser des allocations aux sans-travail. Le fameux “droit au travail promulgué en URSS ne signifie nullement que l’on puisse prétendre travailler dans le métier que l’on a. Il s’agit du droit au travail, pas d’un droit à l’exercice de son métier. Si un ajusteur ne trouve pas une place dans sa branche, il n’a qu’à devenir tourneur, chauffeur, ouvrier du bâtiment, manutentionnaire, éboueur… Cela ne concerne personne, mais si vous restez trop longtemps sans travail, vous êtes convoqué à la milice où l’on vous intime l’ordre de trouver une situation, en vous rappelant que le parasitisme est un délit. Si un mois plus tard vous êtes toujours sans emploi, vous êtes bon pour deux ans de prison. Dans les camps on trouvera toujours à vous employer à l’abattage du bois ou aux grands chantiers du communisme. Car en URSS “ceux qui ne travaillent pas ne mangent pas”.
Voyons maintenant ce que représente le chômage en Occident. Tout le monde peut s’inscrire au chômage, même si, en réalité, l’intéressé travaille. La vérification est très difficile. On indique soi-même son métier, ou l’on se réfère à ses emplois précédents. Il n’est pas important de savoir que vous avez pu être licencié pour incompétence. Par la suite, on vous fera des offres d’emploi dans la branche choisie, et il vous appartient de les accepter ou de les refuser. Cela peut durer des mois et des mois. Pendant ce temps, vous continuez à recevoir des allocations. Si les conditions du nouvel emploi que l’on vous propose sont moins bonnes que celles du précédent, vous êtes parfaitement en droit de le refuser. Il va de soi que l’on doit vous faire des offres d’emploi pour la région que vous habitez et non à l’autre bout du pays. Ajoutez à cela les jeunes sortant des écoles et qui viennent chaque année gonfler les rangs des chômeurs, les étudiants qui s’inscrivent au chômage pour la période des vacances, un certain nombre de parasites de métier qui n’ont jamais eu la moindre velléité de travailler, et vous comprendrez ce que représente le chômage en Occident.
[...]
Je ne comprends pas pourquoi Marx a décidé de but en blanc que les ouvriers sont enclins aux révolutions, que “le prolétariat n’a rien à perdre sauf ses chaînes”. Bien au contraire, cette couche de la société est la plus inerte, elle cède facilement ses libertés pour se sentir sécurisée.
Le mouvement ouvrier, très orageux à ses débuts, a conduit à la création de l’Etat-providence. Une répartition bien plus équitable des richesses a été obtenue, tout un système de garanties sociales mis en place. Pratiquement parlant, le socialisme, dans la mesure où il est humainement possible, a été construit en Occident. Cela a entraîné certaines conséquences regrettables. L’efficacité de l’économie, la qualité du travail ont eu à en souffrir, le système économique dans son ensemble a été déstabilisé. Le travail en tant que tel, surtout s’il est automatisé à l’extrême comme dans la société industrielle moderne, n’est nullement un plaisir. L’apparition d’éléments très importants de socialisme et de garanties sociales a supprimé toute motivation. Que l’on travaille bien ou mal, ou pas du tout, votre niveau de vie n’en est pratiquement pas affecté.
L’égalité est un état artificiel qui demande à être constamment entretenu d’une manière artificielle. Les hommes ne sont pas égaux par définition. Aussi le maintien de l’égalité coûte-t-il des sommes immenses, c’est un très lourd fardeau sur les épaules de ceux qui travaillent, des plus doués. Ce principe ne fait que dépraver encore plus les fainéants, contribue à l’apparition du climat de parasitisme dont j’ai déjà parlé. Une force organisée est indispensable pour entretenir cette égalité, et cette force manifeste dans la société des tendances dominatrices, elle aspire à échapper à tout contrôle.
Vladimir Boukovsky, Cette lancinante douleur de la liberté, éd. France Loisirs, 1981, pp.170-177.
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Rousseau, ce nazi
Ce traité fait d’avance suppose un accouchement heureux, un enfant bien formé, vigoureux et sain. Un père n’a point de choix et ne doit point avoir de préférence dans la famille que Dieu lui donne : tous ses enfants sont également ses enfants ; il leur doit à tous les mêmes soins et la même tendresse. Qu’ils soient estropiés ou non, qu’ils soient languissants ou robustes, chacun d’eux est un dépôt dont il doit compte à la main dont il le tient, et le mariage est un contrat fait avec la nature aussi bien qu’entre les conjoints.
Mais quiconque s’impose un devoir que la nature ne lui a point imposé, doit s’assurer auparavant des moyens de le remplir ; autrement il se rend comptable même de ce qu’il n’aura pu faire. Celui qui se charge d’un élève infirme et valétudinaire change sa fonction de gouverneur en celle de garde-malade ; il perd à soigner une vie inutile le temps qu’il destinait à en augmenter le prix ; il s’expose à voir une mère éplorée lui reprocher un jour la mort d’un fils qu’il lui aura longtemps conservé.
Je ne me chargerais pas d’un enfant maladif et cacochyme, dût-il vivre quatre-vingts ans. Je ne veux point d’un élève toujours inutile à lui-même et aux autres, qui s’occupe uniquement à se conserver, et dont le corps nuise à l’éducation de l’âme. Que ferais-je en lui prodiguant vainement mes soins, sinon doubler la perte de la société et lui ôter deux hommes pour un ? Qu’un autre à mon défaut se charge de cet infirme, j’y consens, et j’approuve sa charité ; mais mon talent à moi n’est pas celui-là : je ne sais point apprendre à vivre à qui ne songe qu’à s’empêcher de mourir.
(Emile ou de l’éducation, livre I)
Donnez à l’homme un métier qui convienne à son sexe, et au jeune homme un métier qui convienne à son âge : toute profession sédentaire et casanière, qui effémine et ramollit le corps, ne lui plaît ni ne lui convient. Jamais jeune garçon n’aspira de lui-même à être tailleur ; il faut de l’art pour porter à ce métier de femmes le sexe pour lequel il n’est pas fait [1]. L’aiguille et l’épée ne sauraient être maniées par les mêmes mains. Si j’étais souverain, je ne permettrais la couture et les métiers à l’aiguille qu’aux femmes et aux boiteux réduits à s’occuper comme elles. En supposant les eunuques nécessaires, je trouve les Orientaux bien fous d’en faire exprès. Que ne se contentent-ils de ceux qu’a faits la nature, de ces foules d’hommes lâches dont elle a mutilé le cœur ? ils en auraient de reste pour le besoin. Tout homme faible, délicat, craintif, est condamné par elle à la vie sédentaire ; il est fait pour vivre avec les femmes ou à leur manière. Qu’il exerce quelqu’un des métiers qui leur sont propres, à la bonne heure ; et, s’il faut absolument de vrais eunuques, qu’on réduise à cet état les hommes qui déshonorent leur sexe en prenant des emplois qui ne lui conviennent pas. Leur choix annonce l’erreur de la nature : corrigez cette erreur de manière ou d’autre, vous n’aurez fait que du bien.
[1] Il n’y avait point de tailleurs parmi les anciens : les habits des hommes se faisaient dans la maison par les femmes.
(Emile ou de l’éducation, livre III)
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Hôtel Stella : Mauvaise fortune bon cœur

On ne l’attendait plus. Hôtel Stella, groupe de rock identitaire parisien (si si, ça existe, il n’y a pas que des bobos/chals/cassos/racailleux sur Paname), s’était fait connaître avec une démo sortie en 2006 – Un singe enivré – et un clip dédié à Julien Quemener, ce supporter du PSG qui avait eu le malheur de se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment et du mauvais côté. Depuis, quelques concerts plus ou moins confidentiels ont permis au groupe de se rappeler à son public. Un album devait également sortir, mais on ne savait pas quand… la date de sortie était sans cesse repoussée, tous les instruments n’étaient pas enregistrés… et puis il est là. Mauvaise fortune bon cœur sort en 2011, nous permettant enfin d’écouter à l’aise des chansons que seuls quelques petits chanceux avaient eu la chance d’entendre en live.
Pour ceux qui ne connaissent pas du tout le groupe, un article lui est consacré sur Wikipédia.
Si la démo péchait parfois par un côté un peu simpliste dans la structure des chansons, ce n’est plus le cas ici. Mauvaise fortune bon coeur aligne des morceaux plus complexes qu’avant, avec maintenant l’intervention fréquente d’un saxophone et presque à chaque titres plusieurs guitares qui jouent en même temps, ce qui rend les airs beaucoup plus intéressants. Dès le premier morceau, consacré aux Apaches de Paris, nous sommes entraînés dans un univers frondeur, un peu rêvé, fait de bandes, d’amitiés, de gros morceaux d’identité parisienne et d’un côté “bandit gentleman” que certains hools ne renieraient pas. Au point de vue musical, l’album est très bon. La guitare est tantôt mélodieuse, tantôt incisive, donnant du dynamisme à des rythmes volontiers adoucis par le son gracieux du saxo. L’album bénéficie en outre d’un son de qualité, ainsi que d’un batteur qui sait ce qu’il fait (et ceci contribue grandement à l’évolution musicale du groupe)… On a un bel hommage à ces loubards un peu mythiques que sont les Apaches, clin d’œil au Projet Apache dont certains membres du groupe sont issus ; un titre plutôt émouvant consacré à Alain Escoffier, ce jeune homme qui s’était immolé pour protester contre la barbarie soviétique ; une chanson très drôle et pleine d’ironie sur les ethnomasochistes qui peint la figure d’un “intello” gauchard content de se faire casser la figure ; une magnifique reprise de la chanson Amici del vento, francisée en “Les amis du vent”… Sans conteste un album frais et avec une bonne dose d’enthousiaste, pêchu, plaisant à écouter, bref, du plaisir musical garanti ! Avec un petit côté oï! mais pas vulgaire, esthétiquement familier sans être pour autant enfariné ou skinoïde. On n’est plus dans le RIF à l’ancienne enregistré dans un garage. Là, on parle de quelque chose qui aurait tout à fait le niveau pour passer sur une radio mainstream et faire de l’ombre à des zicos connus.
Ce sur quoi je serais moins enthousiaste, en revanche, c’est la pose prise tout au long de l’album. Peut-être que la pose en question n’a pas changé depuis 2006, que c’est moi qui ai un peu évolué idéologiquement. Mais ce qui m’ennuie, c’est un côté “rebelle anti-capitaliste” qui revient assez souvent. Dans la chanson “Le ska des favelas”, titre d’ailleurs très bon en live et qui donne volontiers envie de danser, le refrain dit :
“Le tiers-monde a perdu son âme/En la vendant à l’oncle Sam”
C’est une manière de dire : bon les gauchistes, quand vous dites que l’Occident c’est le mal et que les blancs font rien qu’à essploiter les z’ôtres, vous avez un peu raison, seulement c’est juste les américains qui sont coupables, nous on veut bien que eux ils soient coupables mais nous on ne l’est pas…
Cette vision des choses emprunte un peu au gauchisme, tant par son côté moraliste que par son réductionnisme. Le tiers-monde n’est pas un bloc homogène, et son “âme” j’aimerais bien savoir ce que c’est. Parle-t-on de coutumes, de vêtements, de vieilles langues ? Mais l’histoire a toujours été une succession de luttes, et les plus grandes nouveautés ont émergé dans la guerre. Le goût même pour l’ancien est typiquement moderne. Être identitaire il y a un siècle n’aurait eu aucun sens : pour être identitaire, il faut avoir conscience d’une scission entre le passé et le présent, conscience qui est consubstantielle à la modernité…
Ceux qui sauvent les cultures les plus anciennes et les langues en voie de disparition, ce sont des anthopologues ou des linguistes européens. Autrement dit c’est l’Occident qui sauve lui-même ce qu’il y a à sauver dans le monde, tandis que les habitants du tiers-monde, eux, sont trop heureux de profiter des effets de l’occidentalisation et trop occupés à travailler dans ce but pour faire autre chose… Là-dessus, jamais l’Occident n’a eu un aussi bon dossier.
Que l’on s’oppose à l’ingérence américaine en Europe, c’est une chose. Que l’on s’oppose aux manigances de la CIA ou du FBI là où les européens pourraient avoir des intérêts, aux mensonges des médias européens ou à l’UE qui rampe, c’est une chose. Mais que l’on attaque moralement les USA, c’en est une autre. Hé, les mecs, l’Occident contient deux parties, et c’est peut-être de cette scission que provient une part de sa dynamique. Peut-être qu’on est dans le rapport de force (ou que l’on pourrait l’être) avec les US, mais la pose moraliste, on peut la laisser aux bien-pensants et aux gauches… Si je veux du rock anticapitaliste, il y en a à la radio ! Sans parler de la “complainte des libéraux”, chanson qui met dans le même sac tous les héritiers (réels ou proclamés) du courant d’idées libéral, un courant d’idées qui a pourtant eu tellement de succès que nous sommes tous, à un certain degré, des libéraux : nous admettons des droits individuels, des libertés individuelles, que l’économie ait une certaine importance… même les socialistes l’admettent à des degrés divers, ceux-là mêmes qui ne supportent pas que l’on ait le droit de penser ce qu’on veut.
Entre le libéral idéologue, passant son temps à remâcher des idées du style “l’immigration c’est pas de la faute des immigrés” et “c’est la faute à l’Etat”, et le type conséquent qui sait que l’immigration pose problème tout en admettant le rôle du marché, il y a une différence. Accepter la circulation des biens et restreindre celles des personnes, c’est la seule version réaliste aujourd’hui de libéralisme, et c’est déjà ce que font… les Suisses. Alors ?
Malgré ces quelques remarques idéelles, Mauvaise fortune bon coeur reste un très bon album. En ce qui me concerne, j’apprécie tout particulièrement “le petit maso”, drôle et mordant, et la reprise en français des “amis du vent” qui fait passer dans notre langue toute la poésie et le sublime de l’original.
Et nous reviendrons à Rome
Nous te le promettons
Europe, nous reviendrons
Pour toi à l’unisson
Avoir des enfants, un combat existentiel
Les enfants, il faut s’en occuper, cela prend du temps, de l’énergie, cela coûte cher et on n’est même pas sûr que
a) ils seront bien formés (physiologiquement parlant) ;
b) ils “auront un avenir”.
Si l’on en a, malgré toutes les difficultés et les sacrifices que cela demande, c’est parce que plus on en a, ou plus on en a qui réussissent (quantité et/ou qualité), plus on sera vivant après sa propre mort, plus on aura d’influence future. Si j’ai un enfant qui devient champion dans le sport qu’il pratique, j’en serais ultra-fier, sa réussite sera aussi la mienne. Elle validera aussi bien l’éducation que je lui aurais donnée que la validité de mes gènes (un instinct qui nous pousse tous en avant, même si on le nie). Plus l’on existe, à travers une nuée d’enfants ou à travers un ou deux enfants qui doivent “avoir un avenir”, plus l’on réalise la seule mission que la nature ait vraiment donnée à chaque être vivant. De la bactérie jusqu’à un éventuel surhomme, tout être vivant veut persévérer dans son être, se réaliser, se reproduire (on parle bien de re-production, se produire à nouveau dans et par l’altérité de l’enfant !).
En refusant l’enfantement, les soixante-huitards refusaient un de ces éléments de la vie qui sont un combat existentiel, pour l’illusion d’une vie de bisounours consumériste et hypocrite. Énième preuve de la décadence qu’ils représentent !

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Tagué démographie, dialectique, enfants, existentialisme, soixante-huitard
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