Air frais

Ironie de l’histoire : pendant que l’Europe et l’Amérique s’éloignent chronologiquement de l’époque du fascisme et du national-socialisme, leur discours public évolue de plus en plus vers une thématique antifasciste.

Tomislav Sunic, 2006

Dans les années 90-2000, le politiquement correct rampant est devenu quelque chose de pesant, de lourd, d’aussi dangereux et néfaste pour les libertés individuelles qu’imbu de son propre sérieux. La repentance perpétuelle, l’ode au “multiculturalisme” qui sous-entend que le moindre pouilleux du tiers-monde nous enrichit lorsqu’il pompe magistère moral et prestations sociales, le “devoir de mémoire” envers un passé que l’on veut pour toujours empêcher de passer, la Shoah anti-choix (mais pas artichauds ; vous imaginez, transformer des abats-jour organiques en légumes ?).
Cette pesanteur extrême commence à se dissoudre depuis quelques années seulement. Parallèlement au développement de la présence allogène en France, par l’immigration ou la démographie, se développe une réaction européenne. Je ne parle pas d’une réaction traditionaliste ou politique mais essentiellement vitale, la réaction réflexe de celui qui, intuitivement et empiriquement, se sait menacé dans sa chair. Par ailleurs, la “réaction” n’est pas essentiellement négative non plus : elle peut être un trait commun entre des personnes de sensibilité proche, ou un pas sur le chemin de la construction politique que ma génération – celle censée payer les retraites des soixante-huitards – a à accomplir.
Les Zemmour et autres Rioufol sont autant de pics de liberté dans les médias, chacune de leurs interventions crève un peu plus la chape de plomb du politiquement correct qui est en train de se craqueler de toutes parts.
Déconstruire, décortiquer, analyser, tout cela est très bien. Mais la tâche des vilains réactionnaires doit aussi être une tâche positive, et non pas celle de pleurnichards se lamentant perpétuellement sur ce qui reste au bord du chemin. Le meilleur moyen de faire passer la vérité de notre vitalité sous un habit plaisant, c’est encore l’humour. Procéder par de grands éclats de rire. Dissiper la morgue, l’esprit de sérieux… être finement percutant et placer où l’on veut le mouvement de vitalité active que nous incarnons ainsi que nos principes.

Exemple ci-dessus : prendre Hitler (le mâle Mal absolu ! brr !) et en faire un personnage de BD en y associant la culture des hipsters à l’américaine. Comme les memes internet qui prenaient pour cible l’homme à la petite moustache, il s’agissait de prendre la charge émotionnelle associée au nom d’Hitler et de convertir sa puissance en drôlerie. Non seulement c’était une idée humoristique brillante, mais en plus cela allégeait considérablement la pesanteur politique du sujet. Les blagues sur Hitler seraient beaucoup moins drôles si notre passé passait, si les moeurs ne nous imposaient pas un Hitler antéchrist. Elles équivaudraient à des blagues sur Staline, qui peuvent faire rire mais n’auront jamais la puissance dévastatrice des blagues sur Tonton.

Curieusement, peu de socialistes et autres tenants du totalitarisme de pensée acceptent ce genre de blagues. Ils ne veulent pas d’un humour qui ait la même liberté et la même spontanéité que le libre marché. Là où l’on peut rire, selon eux, c’est dans le cadre d’un “humour métissé“. Un machin labellisé qui ne fait rire personne, d’ailleurs, entre buts politiques évidents et ego hyper-sérieux de pseudo-”humoristes” dont la froideur vulgaire souligne l’absence totale de talent.

Une question pour les gardiens de la penséecitoyennevigilantetolérantedegauche : si je me fais un milk-shake en mélangeant des cendres “AOC made in Poland” et du lait frais, façon Cartman buvant l’âme de Kenny dans South Park, ça fait une boisson métissée ou nazie ? Ce genre de milk-shake mélangerait de la cendre bien noire et du lait bien blanc. Ce serait une belle illustration en faveur du métissage !
D’ailleurs, si l’on reconnaît l’esclavage et la colonisation (marrant comme le premier concept est systématiquement matraqué pour miner le second) comme des crimes contre l’humanité, et que l’on encourage le métissage des blancs avec les ex-colonisés, pourquoi ne pas étendre cette logique et obliger les nazis à se métisser avec les juifs ?
Ah… mais non. Les nazis sont tous morts et les rares qui restent en vie se retrouvent direct en procès quand quelqu’un arrive à se souvenir d’eux. Il y a une pénurie de nazis à venir. C’est bien dommage pour les matraqueurs du devouar2mémouar (une marque moins à la mode que truand2lagalère désormais), forcés de taper dans le garde du corps ukrainien pour ranimer la flamme vengeresse de l’antinazisme. Même pas un Teuton sous la main à fesser publiquement. La loose.
De la même manière qu’il n’y a pas de médaille sans revers, comment l’antinazisme va-t-il vivre sans nazis ? Va-t-il retenter le coup du “bouh, mais vous les réacs, vous êtes tous des méchants nazis“, déjà largement éculé, ou va-t-il enfin entrer dans le domaine de l’histoire et laisser le XXIème siècle prendre son envol ?
Réponse après la pub.

A propos lanternier

Trop de choses à dire pour un si petit espace. Donc, autant ne rien dire, ce sera plus facile.
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