Les superprivilégiés de la République

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L’assistanat, en 1981

Il m’arrive d’aller assez souvent aux États-Unis. En 1977, j’y ai visité quatorze villes, surtout des grands centres industriels. Invité des syndicats américains, je rencontrais des ouvriers, des enseignants, des étudiants. Mes hôtes avaient pour règle de me montrer les quartiers les plus pauvres, les taudis, ainsi que les quartiers résidentiels – cela afin que je voie « les contrastes de la vie américaine. Cependant si les beaux quartiers sont effectivement impressionnants, les taudis ne me firent aucun effet. Cela non seulement parce que du point de vue soviétique c’étaient des habitats tout à fait normaux, moyens, mais il ne serait pas honnête de transposer les normes soviétiques aux États-Unis, car tout est relatif. Il s’agit d’une mentalité spécifique à ces districts. Ayant moi-même passé mon enfance dans les taudis, je sais très bien ce qu’est la pauvreté « digne » – tout sauf des haillons pittoresques appelant la compassions. Ce sont des habits soigneusement rapiécés, un sourire forcé et des efforts désespérés pour « avoir l’air comme tout le monde ». Il arrive que douze familles soient obligées de cohabiter dans un baraquement, séparées par des cloisons de contreplaqué. Mais il y a des fleurs, de la peinture fraîche. Aux États-Unis, le moindre détail indique que les habitants [de ces taudis] ne veulent pas améliorer la qualité de la vie. Il n’est pas coûteux de réparer une entrée, de mettre un contreplaqué à la place d’une vitre cassée, il ne coûte rien de nettoyer la saleté. Je sentais dans tout ce que je voyais une sorte de défi conscient. C’était la politique du pire. La société est responsable de tout, c’est à elle de tout prendre en charge. Vous pouvez, si vous le voulez, me juger cruel, inhumain, mais je n’ai pas ressenti la moindre pitié, la moindre compassion pour ces gens, pour cette société. Même lorsque nous passions des années dans nos cellules, nous nous efforcions d’avoir un parquet propre, de nous procurer un torchon, de découper un calendrier dans un journal pour l’accrocher au mur. Chacun réussissait à garder une tenue correcte. Même si on se retrouvait pour deux jours seulement dans une cellule en désordre, on s’efforçait de la rendre habitable. Rien d’étonnant : c’était à nous d’y vivre ! Quant aux habitants de ces taudis, ils restaient là à attendre que la société, prise de remords, leur apporte tout sur un plat.
Une bonne moitié au moins des problèmes économiques occidentaux est engendrée par cette attitude parasitaire ! On m’a raconté que le gouvernement italien, afin de liquider l’arriération économique et la pauvreté dans le sud [du pays], a lancé un programme de financement pour y créer des entreprises industrielles. Des sommes astronomiques ont été investies, des entreprises créées, mais la population ne voulait pas y travailler. C’est tout juste s’il ne fallut pas importer la main-d’œuvre du nord.
Le nord-est de l’Angleterre, district minier par excellence, est la région où le chômage et la misère sont les plus élevés. La raison en est simple : les réserves de charbon s’épuisent, les mines se ferment, le niveau d’emploi y a chuté d’une manière catastrophique. Le gouvernement fait de son mieux pour créer des cours de recyclage, des avantages matériels sont offerts à ceux qui s’y inscrivent. Tout est fait pour canaliser la main-d’œuvre dans d’autres branches, l’inciter à aller s’installer dans d’autres régions. Efforts stériles. Les chômeurs passent des années à boire de la bière dans les pubs en répétant sur tous les airs : – Pourquoi, diable, dois-je changer de métier ? Mon grand-père, mon père ont été mineurs, je resterai dans la mine !
Cette immobilisme, cette passivité, cette certitude de recevoir une aide venue de l’extérieur nous étonnent énormément [nous autres soviétiques] car, dès notre enfance, on nous a inculqué en URSS que la société ne nous doit rien, qu’au contraire nous lui sommes redevables de tout. Prenons par exemple le fameux problème du chômage. Si l’on appliquait en URSS les critères occidentaux, on recenserait autant de chômeurs qu’en Occident, sinon plus. Pour commencer, l’État soviétique refuse a priori l’existence même de la notion de chômage. Il n’existe aucune agence pour l’emploi où l’on puisse s’inscrire. Il ne viendrait à personne l’idée de verser des allocations aux sans-travail. Le fameux « droit au travail promulgué en URSS ne signifie nullement que l’on puisse prétendre travailler dans le métier que l’on a. Il s’agit du droit au travail, pas d’un droit à l’exercice de son métier. Si un ajusteur ne trouve pas une place dans sa branche, il n’a qu’à devenir tourneur, chauffeur, ouvrier du bâtiment, manutentionnaire, éboueur… Cela ne concerne personne, mais si vous restez trop longtemps sans travail, vous êtes convoqué à la milice où l’on vous intime l’ordre de trouver une situation, en vous rappelant que le parasitisme est un délit. Si un mois plus tard vous êtes toujours sans emploi, vous êtes bon pour deux ans de prison. Dans les camps on trouvera toujours à vous employer à l’abattage du bois ou aux grands chantiers du communisme. Car en URSS « ceux qui ne travaillent pas ne mangent pas ».
Voyons maintenant ce que représente le chômage en Occident. Tout le monde peut s’inscrire au chômage, même si, en réalité, l’intéressé travaille. La vérification est très difficile. On indique soi-même son métier, ou l’on se réfère à ses emplois précédents. Il n’est pas important de savoir que vous avez pu être licencié pour incompétence. Par la suite, on vous fera des offres d’emploi dans la branche choisie, et il vous appartient de les accepter ou de les refuser. Cela peut durer des mois et des mois. Pendant ce temps, vous continuez à recevoir des allocations. Si les conditions du nouvel emploi que l’on vous propose sont moins bonnes que celles du précédent, vous êtes parfaitement en droit de le refuser. Il va de soi que l’on doit vous faire des offres d’emploi pour la région que vous habitez et non à l’autre bout du pays. Ajoutez à cela les jeunes sortant des écoles et qui viennent chaque année gonfler les rangs des chômeurs, les étudiants qui s’inscrivent au chômage pour la période des vacances, un certain nombre de parasites de métier qui n’ont jamais eu la moindre velléité de travailler, et vous comprendrez ce que représente le chômage en Occident.
[…]
Je ne comprends pas pourquoi Marx a décidé de but en blanc que les ouvriers sont enclins aux révolutions, que « le prolétariat n’a rien à perdre sauf ses chaînes ». Bien au contraire, cette couche de la société est la plus inerte, elle cède facilement ses libertés pour se sentir sécurisée.
Le mouvement ouvrier, très orageux à ses débuts, a conduit à la création de l’Etat-providence. Une répartition bien plus équitable des richesses a été obtenue, tout un système de garanties sociales mis en place. Pratiquement parlant, le socialisme, dans la mesure où il est humainement possible, a été construit en Occident. Cela a entraîné certaines conséquences regrettables. L’efficacité de l’économie, la qualité du travail ont eu à en souffrir, le système économique dans son ensemble a été déstabilisé. Le travail en tant que tel, surtout s’il est automatisé à l’extrême comme dans la société industrielle moderne, n’est nullement un plaisir. L’apparition d’éléments très importants de socialisme et de garanties sociales a supprimé toute motivation. Que l’on travaille bien ou mal, ou pas du tout, votre niveau de vie n’en est pratiquement pas affecté.
L’égalité est un état artificiel qui demande à être constamment entretenu d’une manière artificielle. Les hommes ne sont pas égaux par définition. Aussi le maintien de l’égalité coûte-t-il des sommes immenses, c’est un très lourd fardeau sur les épaules de ceux qui travaillent, des plus doués. Ce principe ne fait que dépraver encore plus les fainéants, contribue à l’apparition du climat de parasitisme dont j’ai déjà parlé. Une force organisée est indispensable pour entretenir cette égalité, et cette force manifeste dans la société des tendances dominatrices, elle aspire à échapper à tout contrôle.

Vladimir Boukovsky, Cette lancinante douleur de la liberté, éd. France Loisirs, 1981, pp.170-177.

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Rousseau, ce nazi

Ce traité fait d’avance suppose un accouchement heureux, un enfant bien formé, vigoureux et sain. Un père n’a point de choix et ne doit point avoir de préférence dans la famille que Dieu lui donne : tous ses enfants sont également ses enfants ; il leur doit à tous les mêmes soins et la même tendresse. Qu’ils soient estropiés ou non, qu’ils soient languissants ou robustes, chacun d’eux est un dépôt dont il doit compte à la main dont il le tient, et le mariage est un contrat fait avec la nature aussi bien qu’entre les conjoints.

Mais quiconque s’impose un devoir que la nature ne lui a point imposé, doit s’as­surer auparavant des moyens de le remplir ; autrement il se rend comptable même de ce qu’il n’aura pu faire. Celui qui se charge d’un élève infirme et valétudinaire chan­­ge sa fonction de gouverneur en celle de garde-malade ; il perd à soigner une vie inutile le temps qu’il destinait à en augmenter le prix ; il s’expose à voir une mère éplorée lui reprocher un jour la mort d’un fils qu’il lui aura longtemps conservé.

Je ne me chargerais pas d’un enfant maladif et cacochyme, dût-il vivre quatre-vingts ans. Je ne veux point d’un élève toujours inutile à lui-même et aux autres, qui s’occu­pe uniquement à se conserver, et dont le corps nuise à l’éducation de l’âme. Que ferais-je en lui prodiguant vainement mes soins, sinon doubler la perte de la société et lui ôter deux hommes pour un  ? Qu’un autre à mon défaut se charge de cet infirme, j’y consens, et j’approuve sa charité ; mais mon talent à moi n’est pas celui-là : je ne sais point apprendre à vivre à qui ne songe qu’à s’empêcher de mourir.

(Emile ou de l’éducation, livre I)

Donnez à l’homme un métier qui convienne à son sexe, et au jeune homme un métier qui convienne à son âge : toute profession sédentaire et casanière, qui effémine et ramollit le corps, ne lui plaît ni ne lui convient. Jamais jeune garçon n’aspira de lui-même à être tailleur ; il faut de l’art pour porter à ce métier de femmes le sexe pour lequel il n’est pas fait [1]. L’aiguille et l’épée ne sauraient être maniées par les mêmes mains. Si j’étais souverain, je ne permettrais la couture et les métiers à l’aiguille qu’aux femmes et aux boiteux réduits à s’occuper comme elles. En supposant les eunuques nécessaires, je trouve les Orientaux bien fous d’en faire exprès. Que ne se contentent-ils de ceux qu’a faits la nature, de ces foules d’hommes lâches dont elle a mutilé le cœur  ? ils en auraient de reste pour le besoin. Tout homme faible, délicat, crain­tif, est condamné par elle à la vie sédentaire ; il est fait pour vivre avec les femmes ou à leur manière. Qu’il exerce quelqu’un des métiers qui leur sont propres, à la bonne heure ; et, s’il faut absolument de vrais eunuques, qu’on réduise à cet état les hommes qui déshonorent leur sexe en prenant des emplois qui ne lui conviennent pas. Leur choix annonce l’erreur de la nature : corrigez cette erreur de manière ou d’autre, vous n’aurez fait que du bien.


[1]      Il n’y avait point de tailleurs parmi les anciens : les habits des hommes se faisaient dans la maison par les femmes.

(Emile ou de l’éducation, livre III)

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Exclusif : Martine Aubry battue par son mari !

Tartine au Brie battue par Jean-Louis Brochen !

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Hôtel Stella : Mauvaise fortune bon cœur


On ne l’attendait plus. Hôtel Stella, groupe de rock identitaire parisien (si si, ça existe, il n’y a pas que des bobos/chals/cassos/racailleux sur Paname), s’était fait connaître avec une démo sortie en 2006 – Un singe enivré – et un clip dédié à Julien Quemener, ce supporter du PSG qui avait eu le malheur de se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment et du mauvais côté. Depuis, quelques concerts plus ou moins confidentiels ont permis au groupe de se rappeler à son public. Un album devait également sortir, mais on ne savait pas quand… la date de sortie était sans cesse repoussée, tous les instruments n’étaient pas enregistrés… et puis il est là. Mauvaise fortune bon cœur sort en 2011, nous permettant enfin d’écouter à l’aise des chansons que seuls quelques petits chanceux avaient eu la chance d’entendre en live.

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout le groupe, un article lui est consacré sur Wikipédia.

Si la démo péchait parfois par un côté un peu simpliste dans la structure des chansons, ce n’est plus le cas ici. Mauvaise fortune bon coeur aligne des morceaux plus complexes qu’avant, avec maintenant l’intervention fréquente d’un saxophone et presque à chaque titres plusieurs guitares qui jouent en même temps, ce qui rend les airs beaucoup plus intéressants. Dès le premier morceau, consacré aux Apaches de Paris, nous sommes entraînés dans un univers frondeur, un peu rêvé, fait de bandes, d’amitiés, de gros morceaux d’identité parisienne et d’un côté « bandit gentleman » que certains hools ne renieraient pas. Au point de vue musical, l’album est très bon. La guitare est tantôt mélodieuse, tantôt incisive, donnant du dynamisme à des rythmes volontiers adoucis par le son gracieux du saxo. L’album bénéficie en outre d’un son de qualité, ainsi que d’un batteur qui sait ce qu’il fait (et ceci contribue grandement à l’évolution musicale du groupe)… On a un bel hommage à ces loubards un peu mythiques que sont les Apaches, clin d’œil au Projet Apache dont certains membres du groupe sont issus ; un titre plutôt émouvant consacré à Alain Escoffier, ce jeune homme qui s’était immolé pour protester contre la barbarie soviétique ; une chanson très drôle et pleine d’ironie sur les ethnomasochistes qui peint la figure d’un « intello » gauchard content de se faire casser la figure ; une magnifique reprise de la chanson Amici del vento, francisée en « Les amis du vent »… Sans conteste un album frais et avec une bonne dose d’enthousiaste, pêchu, plaisant à écouter, bref, du plaisir musical garanti ! Avec un petit côté oï! mais pas vulgaire, esthétiquement familier sans être pour autant enfariné ou skinoïde. On n’est plus dans le RIF à l’ancienne enregistré dans un garage. Là, on parle de quelque chose qui aurait tout à fait le niveau pour passer sur une radio mainstream et faire de l’ombre à des zicos connus.

Ce sur quoi je serais moins enthousiaste, en revanche, c’est la pose prise tout au long de l’album. Peut-être que la pose en question n’a pas changé depuis 2006, que c’est moi qui ai un peu évolué idéologiquement. Mais ce qui m’ennuie, c’est un côté « rebelle anti-capitaliste » qui revient assez souvent. Dans la chanson « Le ska des favelas », titre d’ailleurs très bon en live et qui donne volontiers envie de danser, le refrain dit :

« Le tiers-monde a perdu son âme/En la vendant à l’oncle Sam »

C’est une manière de dire : bon les gauchistes, quand vous dites que l’Occident c’est le mal et que les blancs font rien qu’à essploiter les z’ôtres, vous avez un peu raison, seulement c’est juste les américains qui sont coupables, nous on veut bien que eux ils soient coupables mais nous on ne l’est pas…
Cette vision des choses emprunte un peu au gauchisme, tant par son côté moraliste que par son réductionnisme. Le tiers-monde n’est pas un bloc homogène, et son « âme » j’aimerais bien savoir ce que c’est. Parle-t-on de coutumes, de vêtements, de vieilles langues ? Mais l’histoire a toujours été une succession de luttes, et les plus grandes nouveautés ont émergé dans la guerre. Le goût même pour l’ancien est typiquement moderne. Être identitaire il y a un siècle n’aurait eu aucun sens : pour être identitaire, il faut avoir conscience d’une scission entre le passé et le présent, conscience qui est consubstantielle à la modernité…
Ceux qui sauvent les cultures les plus anciennes et les langues en voie de disparition, ce sont des anthopologues ou des linguistes européens. Autrement dit c’est l’Occident qui sauve lui-même ce qu’il y a à sauver dans le monde, tandis que les habitants du tiers-monde, eux, sont trop heureux de profiter des effets de l’occidentalisation et trop occupés à travailler dans ce but pour faire autre chose… Là-dessus, jamais l’Occident n’a eu un aussi bon dossier.

Que l’on s’oppose à l’ingérence américaine en Europe, c’est une chose. Que l’on s’oppose aux manigances de la CIA ou du FBI là où les européens pourraient avoir des intérêts, aux mensonges des médias européens ou à l’UE qui rampe, c’est une chose. Mais que l’on attaque moralement les USA, c’en est une autre. Hé, les mecs, l’Occident contient deux parties, et c’est peut-être de cette scission que provient une part de sa dynamique. Peut-être qu’on est dans le rapport de force (ou que l’on pourrait l’être) avec les US, mais la pose moraliste, on peut la laisser aux bien-pensants et aux gauches… Si je veux du rock anticapitaliste, il y en a à la radio ! Sans parler de la « complainte des libéraux », chanson qui met dans le même sac tous les héritiers (réels ou proclamés) du courant d’idées libéral, un courant d’idées qui a pourtant eu tellement de succès que nous sommes tous, à un certain degré, des libéraux : nous admettons des droits individuels, des libertés individuelles, que l’économie ait une certaine importance… même les socialistes l’admettent à des degrés divers, ceux-là mêmes qui ne supportent pas que l’on ait le droit de penser ce qu’on veut.
Entre le libéral idéologue, passant son temps à remâcher des idées du style « l’immigration c’est pas de la faute des immigrés » et « c’est la faute à l’Etat », et le type conséquent qui sait que l’immigration pose problème tout en admettant le rôle du marché, il y a une différence. Accepter la circulation des biens et restreindre celles des personnes, c’est la seule version réaliste aujourd’hui de libéralisme, et c’est déjà ce que font… les Suisses. Alors ?

Malgré ces quelques remarques idéelles, Mauvaise fortune bon coeur reste un très bon album. En ce qui me concerne, j’apprécie tout particulièrement « le petit maso », drôle et mordant, et la reprise en français des « amis du vent » qui fait passer dans notre langue toute la poésie et le sublime de l’original.

Et nous reviendrons à Rome
Nous te le promettons
Europe, nous reviendrons
Pour toi à l’unisson

Lien Alternative-S

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Pravda

Tout à l’heure je discutais avec une femme qui donne des cours à des apprentis BTS. Parmi eux, il y en a qui bossent, d’autres qui bossent moins (traduction : qui sont tellement mous qu’il faut les tirer et les supplier pour les amener à produire le moindre travail). Et chez ceux qui se bougent, ô surprise ! beaucoup veulent quitter la France. Ils ont déjà été dans le monde professionnel et ont déjà compris qu’en France, et tout spécialement en région parisienne, on ne trouve aucun boulot dans le tertiaire (c’est-à-dire dans la plupart des domaines d’emploi possibles), à moins d’avoir un réseau ou du piston ou pas mal de pot… démerde et débrouille plutôt que compétence et productivité, et par-dessus ça les taxes pleuvent… Un des élèves de BTS était là aussi. Le plus vieux des élèves. La trentaine bien tassée, il a vécu huit ans en Hollande pour y bosser, là-bas il s’est marié avec une Hollandaise. Il est revenu en France suite à une proposition d’emploi sur Paris, mais une fois arrivé, on lui a claqué la porte au nez… Depuis, lui et sa femme hollandaise cherchent du boulot sur l’Ile-de-France depuis 8 mois, sans succès, ils pensent repartir aux Pays-bas ou en Angleterre…

Aucun média n’en parle, mais il y a une véritable hémorragie des jeunes diplômés en France, et le phénomène s’accentue sans cesse. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai parlé avec des gens plutôt calés, parfois même brillants, qui n’ont qu’une idée en tête : aller bosser ailleurs. Dans un pays où leur compétence sera reconnue, où ce n’est pas la démerde et la ruse qui sont récompensées au détriment du talent, où ils ne se feront pas piquer un tiers de leur salaire durement gagné par des organisations étatiques et para-étatiques qui se font un plaisir de le jeter par les fenêtres pour maintenir en place un système politico-social complètement vermoulu. Libéral, socialiste, de droite de gauche, ils s’en foutent. Pour eux ce sont des étiquettes, rendues inopérantes par un consortium UMPS qui monopolise les débats télévisés, les journaux, la radio, etc.

N’est-il pas important, pour un pays, de voir tous les jeunes diplômés partir les uns après les autres au lieu de travailler sur place ?
Tous ces jeunes représentent l’avenir du pays. Ils en représentent les forces vives. Or, si les forces vives partent, c’est comme un organisme qui perd son sang, c’est une hémorragie. Ne restent que les seniors, les « fils de » et autres réseauteurs, les fonctionnaires et les racailleux ou semi-racailleux bouffeurs d’allocs (par semi-racailleux, j’entends par exemple le pseudo-employé allogène incompétent dont la seule activité consiste à ragoter et à pousser les salariés à la démission pour que ceux-ci soient plus vite remplacés). Autrement dit, tous les improductifs, tous ceux qui ne créent pas de richesse à proprement parler. Le simple fait que les jeunes dip’ se barrent devrait déjà alerter le gouvernement : d’abord, que des gens dont l’éducation et la formation ont été payées par la France aillent créer de la richesse à l’étranger, c’est une catastrophe économique… ensuite, que ceux qui doivent normalement se marier et faire des enfants sur place, assurant ainsi le renouvellement des générations, aillent éventuellement en faire ailleurs, c’est pour le moins gênant, à moyen et long terme.

Il y a quelques semaines, je discutais avec un tailleur de pierre, sculpteur et restaurateur de monuments de son état, titulaire d’une formation qui est loin d’être à la portée de tous, me dire qu’il allait s’expatrier au Japon. Là-bas, disait-il, les tailleurs de pierre français sont reconnus et très bien payés. Pendant ce temps, en France, on préfère subventionner des zartistes contemporains, de préférence étrangers, qui exposent leurs crottes dans des musées peu fréquentés mais qui touchent assez de subventions pour continuer à exister. Autrement dit, l’État finance ce qui ne marche pas, finance les parasites les profiteurs les bouffeurs de thune et de richesse, tout en méprisant et en décourageant systématiquement ceux qui sont censés la créer, la richesse. Comme si la création de richesse était une évidence, quelque chose qui serait toujours là. Eh bien non, ce n’est pas le cas. Les créateurs de richesse se barrent. Attention, je ne parle pas des jeunes cons qui demandent à être chef de projet en ayant pour tout diplôme un DEUG d’anglais ou qui prétendent passer un master alors qu’ils ne sont pas foutus d’écrire une phrase sans faute d’orthographe, mais de gens qui ont de vraies formations, une vraie culture, et qui en veulent…

Pendant ce temps, donc, les médias préfèrent parler… devinez de quoi ?

http://video.rutube.ru/671b619c258572a3b82926b5434cf704

Dans ce magnifique reportage, il est question d’un professeur de philosophie, Jean-Baptiste Santamaria, qui a été nommé pour enseigner dans un lycée de l’Héraut. Ce M. Santamaria n’a rien de fait de spécial. Seulement, il a le tort d’avoir été chez les Identitaires, autrement dit, chez les vilains fâchistes d’esstrèm’ drouate. Du coup, on a droit à un reportage ultra-délateur, dont le ton est à mi-chemin entre un extrait du Juif Süss et un film de propagande stalinienne sur les « ennemis du prolétariat » : un pseudo-reportage où une militante socialiste, UNE militante, prétend parler au nom de TOUS les parents d’élèves, et où les journalistes, marchant main dans la main avec le socialisme, répètent sans cesse que « LES parents d’élèves » s’inquiètent de la présence de ce professeur qui ose ne pas penser comme le PS ou l’UMPS… Autrement dit, on prétend que cette ou ces quelques socialistes du syndicat machintruc (grassement subventionné, évidemment) pensent comme tous les parents d’élèves, que chez TOUS les parents d’élèves il y a consensus pour dénoncer cet affreux fasciste pas beau…
Santamaria n’a d’ailleurs rien à dire. Pas parce qu’il ne veut pas, mais parce que la toute-puissance médiatique le lui interdit. En dépit du fait qu’il soit le principal concerné par ce reportage, il n’est à aucun moment interviewé sur cette affaire autour de lui. On aurait pu au moins prétendre lui demander son avis, histoire d’avoir sa réponse sur ce battage, voire cette attaque en diffamation, que quelques socialistes mènent contre lui…
Eh bien non. Les journalistes marchent main dans la main avec les socialistes, et cela donne un reportage digne de la Pravda, où l' »ennemi du peuple » est dénoncé, pointé du doigt, mis au ban, comme un parfait bouc émissaire mauvais par nature et responsable de tous les malheurs du monde. Si Santamaria veut s’exprimer sur cette dénonciation publique qui le concerne au premier chef, il doit le faire ailleurs. Ici nul droit de réponse. La Pravda a tous les droits.

Pendant que la France se vide de ses forces vives, pendant que celles-ci sont remplacées par des bouffeurs de richesse en tout genre, la caste politico-médiatique préfère tourner en rond et se comporter comme en URSS pour stigmatiser le vilain méchant, toujours le même d’ailleurs. Cela pourrait être Santamaria comme n’importe quel type pointé du doigt sous couvert de machin citoyen, ce serait pareil.

Si notre système politique et économique de corrompus, fondé sur la dette, le copinage et l’Etat-providence, s’écroule, j’en serais le premier ravi.

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Avoir des enfants, un combat existentiel

Les enfants, il faut s’en occuper, cela prend du temps, de l’énergie, cela coûte cher et on n’est même pas sûr que
a) ils seront bien formés (physiologiquement parlant) ;
b) ils « auront un avenir ».
Si l’on en a, malgré toutes les difficultés et les sacrifices que cela demande, c’est parce que plus on en a, ou plus on en a qui réussissent (quantité et/ou qualité), plus on sera vivant après sa propre mort, plus on aura d’influence future. Si j’ai un enfant qui devient champion dans le sport qu’il pratique, j’en serais ultra-fier, sa réussite sera aussi la mienne. Elle validera aussi bien l’éducation que je lui aurais donnée que la validité de mes gènes (un instinct qui nous pousse tous en avant, même si on le nie). Plus l’on existe, à travers une nuée d’enfants ou à travers un ou deux enfants qui doivent « avoir un avenir », plus l’on réalise la seule mission que la nature ait vraiment donnée à chaque être vivant. De la bactérie jusqu’à un éventuel surhomme, tout être vivant veut persévérer dans son être, se réaliser, se reproduire (on parle bien de re-production, se produire à nouveau dans et par l’altérité de l’enfant !).

En refusant l’enfantement, les soixante-huitards refusaient un de ces éléments de la vie qui sont un combat existentiel, pour l’illusion d’une vie de bisounours consumériste et hypocrite. Énième preuve de la décadence qu’ils représentent !

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